Comores, 164ème au classement Doing Business

Le rapport Doing Business 2019 de la Banque Mondiale qui évalue la qualité du climat des affaires a été publié mercredi 31 octobre dernier. Les Comores ont perdu six places et tombent à la 164ème position sur 190 pays. Ce classement est un indicateur pris en considération par les investisseurs.

 «Les résultats de cette année montrent à suffisance la détermination des autorités de nombreuses économies, grandes et petites, à promouvoir l’entrepreneuriat et l’entreprise privée », déclare Rita Ramalho, responsable senior du Groupe chargé du travail sur les indicateurs dans le monde de la Banque mondiale, qui produit le rapport. «Par ailleurs, un grand nombre de pays ont entrepris des réformes cette année – c’est d’une envergure plus universelle. Personne ne met en doute l’importance de ces réformes, dont la nécessaire simplification de la procédure de création d’entreprise.» (Source Banque Mondiale).

C’est sans doute vrai pour des pays comme l’Afghanistan, l’Azerbaïdjan, Djibouti, le Kenya, par exemple, qui intègrent le Top 10 « des économies ayant enregistré le plus d’améliorations dans 3 domaines ou plus en 2017-2018». Candidats à l’émergence à l’horizon 2030, les Comores reculent dans le classement 2019. Le Doing Business 2019, publié mercredi 31 octobre 2018, indique que l’Union a dégringolé à la 164ème place, soit une perte de six places par rapport à l’année dernière. Les reformes mises en place ne semblent pas suffisantes ou profondes pour changer la donne par rapport aux dix critères examinés.

Car ce qui est examiné à la loupe ne concerne pas les performances économiques du pays mais les reformes relatives à dix secteurs pour 2017-2018. Force est de constater que le meilleur classement de l’union se situe à une modeste 85ème place pour l’«obtention d’un permis de construction». Il faut remonter encore plus loin pour retrouver «le transfert de propriété» 114ème, « le commerce frontalier» 118ème et «l’obtention de prêts» 124ème.

Quand « la création d’entreprise» est reléguée à la 164ème position, à peine mieux que « le paiement des taxes et impôts » et «le règlement de l’insolvabilité», difficile de feindre l’incompréhension du classement. Surtout que « l’exécution des contrats» caracole à la 179ème place. Entre les deux écarts, il y a un léger mieux pour « la protection des investissements» 149ème rang et surtout « le raccordement à l’électricité» 139ème.

   Or, rien que les trois dernières années, les Comores passent de la 153ème place en 2017 à la 158ème en 2018 et tombent à la 164ème en 2019. Une chute qui persiste et inquiète plusieurs observateurs économiques nationaux. Masiwa a essayé de joindre le ministère de l’économie pour des explications, en vain. Les organisations patronales décortiquent le rapport avant de répondre.

A titre de rappel, le rapport annuel 2017 de la banque centrale des Comores annonce « un taux de croissance de 3% en 2017, après 2,2% en 2016 ». Les Comores se situent tout de même derrière la Sierra Leone, le Soudan, Madagascar et l’Ethiopie. L’Ile Maurice et le Rwanda ont progressé. Ils occupent le 20ème et 29ème rang devant la Russie et la France. « Doing Business mesure les réglementations concernant 11 domaines du cycle de vie d’une entreprise. Dix de ces domaines sont inclus dans le classement de cette année sur la facilité de faire des affaires : création d’entreprise, l’obtention d’un permis de construire, raccordement à l’électricité, transfert de propriété, obtention de prêts, protection des investisseurs minoritaires, paiement des taxes et impôts, commerce transfrontalier, exécution des contrats et règlement de l’insolvabilité. Doing Business mesure également la réglementation du marché du travail. Ce dernier domaine n’est pas inclus sur le classement de cette année. »

Que faire? Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque Mondiale affirme que « les Etats ont la lourde tâche de créer un environnement propice à l’essor des entrepreneurs et des petites et moyennes entreprises.» Il soutient aussi que « pour promouvoir l’entrepreneuriat et favoriser le développement du secteur privé, il faut absolument des réglementations rationnelles et efficaces pour régir l’activité des entreprises. Faute de quoi, nous n’avons aucune chance de mettre fin à l’extrême pauvreté et de stimuler une prospérité partagée dans le monde entier.»

Peut-être qu’un dialogue sincère Public-Privé serait un début de réponse.

Par Chamsoudine SAID MHADJI