Hassani Hamadi demande la « libération inconditionnelle » de Salami et une « enquête internationale » au sujet de l'insurrection à Mutsamudu

Le gouverneur de Ngazidja, Hassani Hamadi  est sorti de son silence. Il a condamné, avec la plus grande fermeté «l’utilisation des armes comme moyen de résoudre les différents problèmes au lieu de procéder à des négociations». Il a également épinglé les agissements du pouvoir, qui ont crée « une situation d’instabilité permanente » et a demandé « la libération inconditionnelle du premier magistrat » d’Anjouan tout e réclamant une enquête internationale.

Deux jours après la mise en résidence surveillée du gouverneur de l’ile d’Anjouan, son homologue de Ngazidja, Hassani Hamadi a convié la presse à Ngazi Ngomé hier mardi 23 octobre pour dénoncer les m du gouvernement. En présence de ses proches collaborateurs et de membres de l’union de l’opposition, le premier magistrat de l’ile de Ngazidja a exprimé son inquiétude devant le constat « de violence et de déstabilisation » à chaque présidence tournante échue à Ngazidja.

Il a mis la situation actuelle sur le compte du non respect de la constitution en vigueur celle «de 2001», imputable au gouvernement. « Depuis l’organisation des assises nationales et la décision de supprimer la cour constitutionnelle, avant l’organisation du referendum du 30 juillet, le pays connait une situation d’instabilité permanente qui a abouti à la remise en cause des droits de l’Homme, l’emprisonnement des leaders politiques et la remise en cause du processus de l’autonomie des îles » a déclaré un des participants aux assises nationales.

Concernant l’insurrection à Anjouan et ses développements, Hassani Hamadi a condamné l’utilisation des armes par des civiles et la mise en résidence surveillée du gouverneur Salami. Il a présenté ses condoléances à «l’ile d’Anjouan et aux familles des victimes »  et manifesté sa solidarité avec Anjouan et les familles. «Notre solidarité va à l’endroit de l’exécutif d’Anjouan.»

Au sujet du sort proprement dit de son homologue, il  a soutenu que «dans le respect de la loi et du règlement, Dr Abdou Salami Abdou a le droit de bénéficier, comme tout citoyen, de la présomption d’innocence. Nous demandons à ce que la justice fasse son travail.» Puis d’un ton très ferme, le chef de l’exécutif de la grande île a déclaré : «je demande la libération inconditionnelle du premier magistrat de l’île d’Anjouan. » Hassani Hamadi a insisté sur ce cas de la mise en résidence de Salami qui pourrait créer d’autres problèmes. «Avec cette situation nous sommes en face d’une impasse  qui enfonce le pays dans une déstabilisation et qui pourrait nous faire marche arrière vers le séparatisme.  Qui va prendre la place de Salami ? » S’est-il interrogé.

D’autres points ont été abordés. Le gouverneur se cantonne sur la constitution de 2001 et préconise le dialogue.  A propos de la fermeture de Radio Ngazidja « Radio Ngazidja est un patrimoine de l’ile, nous allons nous battre jusqu’à ce qu’il reprenne ses missions.» Pour le paiement des contractuels de l’ile, il espère trouver de solution sur les recettes des impôts de Ngazidja. « Dès fois, nous avons pris l’argent de la Banque de wangazidja pour payer les contractuels, mais à partir du mois dernier nous avons arrêté. Nous allons prendre l’argent des vignettes pour payer nos contractuels. J’invite donc le gouvernement central à respecter la décision de la Cour Suprême et de nous rendre nos fonds en ouvrant nos comptes bancaires ».

Au sujet de la «Banque de wangazidja », dont plusieurs actionnaires réclament leur quotepart, l’initiateur de ce projet a annoncé que « chacun est libre de reprendre son argent. Toutefois, après la demande, il faut attendre qu’un autre achète son action pour qu’il soit remboursé. » Pourquoi attendre l’achat de l’action alors que les fonds sont toujours dans les comptes et la banque na pas encore commencé officiellement ses opérations?

Hassani Hamadi s’inscrit bien dans le discours et les revendications de l’union de l’opposition et de «Amani Ya Comores», dénonçant l’attitude du gouvernement et exhortant à la reprise du dialogue avec « la garantie de la communauté internationale» et «réclame une enquête internationale» par rapport à l’insurrection.

Par Chamsoudine SAID MHADJI