Campagnard, candidat aux présidentielles

C’est à Mitsamihouli que le colonel Soilihi Mohamed alias Campagnard a annoncé officiellement sa candidature aux présidentielles. Il se veut inflexible sur quelques points. "L'unité nationale est non négociable. Le respect des droits de l'homme et des accords de Fomboni et le tour d'Anjouan en 2021 sont des priorités".

Hier dimanche 13 janvier dans la matinée, Soilihi Mohamed alias Campagnard vient d'officialiser auprès des siens, à domicile, Mitsamihouli Mdjini, sa candidature aux  élections présidentielles. Ces derniers temps, cette candidature était murmurée dans les réseaux. Désormais le doute vient d'être dissipé. Comme tous les candidats qui se sont déjà déclarés, l'ancien chef d'État major prône pour le retour des accords de Fomboni. Celui qui est considéré comme un héros par moult comoriens grâce au combat qu'il a mené contre le mercenaire Bob Denard en 1995, semble être un vrai athlète de cette course de Beit-salam. Le foyer d'ADCS était noir d’hommes. Des millitants? En tout cas ce natif de Mboudé et Mitsamihouli compte beaucoup sur ces deux régions, pour servir de rampe de lancement de sa course vers Beit-Salam.

Dans son discours d'ouverture le grand notable Abdoulwahab a retracé en l'espace de 5 minutes la biographie et surtout le parcours du candidat malheureux des dernières législatives de 2015: " Campagnard a choisi de combattre contre les mercenaires au lieu d'aller se cacher. Il a aussi préféré être licencié de la Mamwe au lieu de mettre les employés au chômage", a-t-il déclaré devant la foule. En 1995, il  a combattu avec ses hommes contre les mercenaires. Un acte gravé à jamais dans la mémoire des Comoriens, mais  qu’il préfère toujours attribuer les mérites à ses compagnons qu’à  lui-même: "je ne faisais que mon travail. Ça me fait mal que nos présidents partent à l'étranger pour honorer des militaires alors que les nôtres, morts comme Andili, tué près de l’ancien siège de Radio Comores n'ont jamais été honorés", a regretté le colonel. Concernant la situation politique, il est inflexible sur quelques points. "L'unité nationale est non négociable. Le respect des droits de l'homme et des accords de Fomboni et le tour d'Anjouan en 2021 sont des priorités" a-t-il promis.

Une fois élu, il  a promis de mettre fin au "népotisme, un fléau qui ronge notre État". En ce qui concerne la justice, " je serai garant de toutes les institutions. Je veillerai pour une bonne gestion de l'argent du contribuable, nous éliminerons la corruption et nous mettrons fin à la justice aux ordres. Elle aura son indépendance. Elle travaillera en toute liberté".

Mahamoud Boina,  Son premier allié de l'île d'Anjouan n'a pas mâché ses mots. "Nous qui avons souhaité ta candidature t'amèneront jusqu'à Beit-salam. Tu n'es pas seul", a-t-il scandé.

Soilih Mohamed et Azali Assoumani, des anciens amis devenus des adversaires!

Entre les deux colonels, l’histoire est mouvementée. En 1995, l'actuel chef de l'Etat était le chef du corps de l'armée. Des mercenaires conduits par Bob Denard avaient envahi les Comores. Campagnard, avec une poignée d’hommes avaient fait front, alors que le chef de corps n’était pas sur le terrain. En 1999, quand  Azali Assoumani s'est emparé du pouvoir, le colonel Soilihi Mohamed s’y est opposé. Ce qui lui a valu une retraite anticipée. En 2016, le gouvernement a décidé de licencier « les jeunes recrutés » en période électorale sous Ikililou Dhoinine. Et Campagnard, alors directeur de Mawmé n’a pas obtempéré. La sanction n’a pas tardé. Il a été limogé.

En 2019, donc, les deux hommes se présentent, comme d’autres prétendants, devant le peuple qui va choisir.

Par Ali Mbaé