Mzimba demande la grâce présidentielle

Bâtonnier du barreau de Moroni et accessoirement candidat aux présidentielles, Ibrahim Ali Mzimba a convié la presse hier matin au New select, pour solliciter la grâce présidentielle en faveur des condamnés «politiques», en attendant la rédaction du jugement pour se pourvoir en cassation.  

« Je demande au président de la république, au nom du bâtonnier de Moroni, de gracier  les prisonniers politiques. Je demande également à l’assemblée nationale de les amnistier ». Tels sont les mots prononcés par Me Ibrahim Ali Mzimba lors d’une rencontre avec la presse, qu’il a tenu hier dans la matinée au New Select en présence de certains membres des familles de ces condamnés.

D’entrée en conférence, il a tenu à dissiper l’amalgame entre Mzimba, le politicien, candidat aux élections présidentielles et Me Mzimba, bâtonnier du barreau de Moroni, avant d’expliquer les raisons de sa démarche, l’incitant à réagir ainsi. «D’abord, je suis gêné puisqu’on a fait tout ce qu’il fallait faire juridiquement… l’initiative n’est pas de moi, ce sont les clients eux-mêmes qui ont demandé à ce que je le fasse. Les tortures et les souffrances les ont poussés à demander cette grâce, car notre rôle, avant et après le jugement est de veiller à ce que les droits de nos clients soient respectés», a-t-il rappelé.

 Revenant sur l’« inconstitutionnalité» de la cour de sûreté de l’État, Me Mzimba  soutient qu’«en matière pénale lorsque les procédures ne sont pas respectées, les faits ne sont pas jugés» et si « les exceptions que nous avions soulevées étaient respectées, nos clients allaient être relâchés. Ils ont préféré continuer bien qu’eux mêmes aient accepté ces irrégularités».

Mais le comble jusqu’aujourd’hui, cette cour n’a pas encore rédigé leur décision. Aucun des condamnés n’est mis au courant de la décision de la cour. « Peut-être que ça ne sera pas rédigé» selon toujours le conférencier. Donc, même s’ils (les avocats de la défense) aimeraient aller un peu plus loin, mais ils ne le peuvent pas sans ce document. «Nous ne pouvons pas passer à l’étape de pourvoi en cassation sans qu’on nous donne la décision».

Ainsi, sa conscience refuse d’oublier ses frères et clients détenus  illégalement», simplement parce qu’il y aura des élections.

Pour rappel, l’écrivain Said Ahmed Said Tourqui et sa sœur Sitty Nour, l’ancien vice-président de Ngazidja Said Ahmed Djaffar et son petit frère l’avocat Bahassane Said, le commandant Faissoil Abdou Salam et trois autres militaires, Aliane Halifa, Youssouf Mze alias Taoufik  et Ibrahim Salim sont jugés « coupables de vouloir organiser un coup d’État contre certaines autorités pour s’emparer du pouvoir ». SAST, Djaffar, Faissoil et Bahasane sont condamnés à des « travaux forcés à perpétuité, assortis de 30 ans de peine incompressible» et à  20 ans de réclusion criminelle pour Aliane Halifa, Youssouf Mze alias Taoufik  et Sitty Nour, 3 ans de prison ferme pour Ibrahim Salim.

Ayant soulevé deux exceptions, l’ensemble des avocats de la défense s’étaient retirés du procès.

Par Ali Mbaé