Infrastructure routière  «Azali n’a posé aucune condition à la ville de Domoni»

La réfection de la route de Domoni a commencé à Ndzouani, depuis début septembre par une  société chinoise, quatre kilomètres de bitume  pour une durée de quatre mois. Ce chantier a mobilisé toute la ville et a mis hors jeu les enjeux politiques qui divisent  les communautés, villages et villes. «Toute Domoni est derrière ce chantier» indique le Préfet de la région, Mr Oistoi Said Thouene.

Le préfet de la région explique que ce chantier participe au plan de développement de l’Ile. «Azali n’a posé aucune condition à la Ville de Domoni». Et il remercie le SGG (secrétaire général du gouvernement), car, selon lui, il est la force motrice des chantiers de l’Etat, «même si, cette route est l’engagement  personnel du Président de la République ».

Une euphorie collective se vit à Domoni. Masiwa l’a constatée en interrogeant plusieurs personnes de tout bord politique. Les réactions, hommes et femmes, sont unanimes, comme quoi « la route d’abord, la politique après». 

Par ici et par là, la ville est en chantier parallèle d’adduction d’eau. Avant le goudronnage, la cité procède au renouvellement de son réseau d’eau et augmente la profondeur de canaux où passent les tuyaux. «Notre engagement est citoyen. La ville comprend que l’eau et la route ne sont pas des questions idéologiques et   politiques, donc on n’a pas le choix» confie une femme domonienne.

La ville renoue avec les grands travaux. Ses habitants commencent à croire qu’ils ne sont pas vraiment oubliés. C’est le cas de Mohamed Assane : « Domoni a été exclue du programme de développement du pays, après la disparition tragique du père de l’indépendance. Je pense que les dernières œuvres routières ont été effectuées en 1987, deux ans avant la mort du feu A. Abdallah Abdérémane».

La durée des travaux est de quatre mois pour une distance de quatre kilomètres. Malgré que Domoni ait été l’une des régions victimes des arrestations liées aux manifestations de vendredi, «la reconstruction de la route», passe avant tout. Les jeunes aussi adhèrent et partagent l’adage selon lequel « l’union fait la force». Pour les politiques, des proches inconditionnels de Mamadou saluent l’initiative et participent à la reconstruction, mais « la route c’est un devoir du gouvernement, on appelle le Président à cesser l’arbitraire» tempèrent ces quatre fidèles de l’ancien candidat.

Le Préfet a beaucoup insisté sur le fait que «cette route n’est ni une clause politique, ni un appât électoral. On n’est pas en période électorale pour que le Président nous récompense car on l’a voté. D’ailleurs c’est lui qui mérite notre grand remerciement nous avoir donné encore un troisième portefeuille ministériel dans la Ville».

Domoni est le chef lieu de la plus grande région de l’Ile; Nyoumakélé. C’est justement dans la région que deux villages sont coupés de l’Ile faute de route. D’ailleurs ces deux localités, Uzini et  Utsa ne votent plus depuis 2016. Leur unique doléance serait la route. Les villageois d’Uzini construisent la leur. Elle avance bien mais les ponts risquent de les freiner vu les moyens rudimentaires dont ils disposent.

Par Nabil Jaffar