Les Coelecanthes frôlent l’exploit

Dans une ambiance de folie, les Cœlacanthes de l’Union des Comores recevaient les lions indomptables du Cameroun samedi après-midi au stade de Mitsamiouli pour le compte des éliminatoires de la coupe d’Afrique des Nations qui aura lieu au Cameroun en 2019. Cinq fois champions d’Afrique des nations, les lions indomptables partaient largement favoris. Mais le Cameroun a une faiblesse psychologique.  

La rencontre commence sous les chapeaux de roue avec une occasion des verts des Comores dès la première minute. Selemani s’est mêlé les pinceaux. Les Comores sont bien rentrées dans la partie avec une bonne assise de jeu. Ils occupent bien le terrain et ne laissent pas d’espace pour les visiteurs. Les assauts se multiplient dans la cage des camerounais. Tout s’accélère au bout d’un quart d’heure de jeu. Selemani encore lui, drible deux défenseurs du Cameroun et sert son coéquipier El Fardou qui fusille à bout portant le portier des lions indomptables. 15ème minute de jeu et vous lisez bien, les Comores mènent 1 but à 0. But marqué par El Fardou, le comorien de Mayotte.

Logique du match respectée. Tout un pays est en ébullition. Selemani fait des misères à la défense camerounaise. Les lions indomptables ont tout imaginé sauf être menés d’entrée par des comoriens au palmarès néant au niveau continental. Ils ont oublié que lorsqu’il s’agit de jouer pour les couleurs de la nation, il y a une motivation supplémentaire qui anime les joueurs nationaux. Et pourtant le Cameroun est venu avec ses meilleurs cadres. Le coach Clarence Seedorf et son adjoint Patrick Kluivert jouent gros. Ils savent qu’un faux-pas peut pousser la fédération camerounaise de football à choisir une option nationale. 

Après ce but et malgré quelques chevauchées de nos Cœlacanthes, le score n’évolue pas. Le rythme baisse d’intensité et c’est sur cette marque de 1 but à 0 que les deux formations regagnent les vestiaires. Au regard de la physionomie de la rencontre, les Comores méritent cet avantage au tableau d’affichage. 

La deuxième mi-temps démarre avec un léger retard suite à de changements effectués par le coach des jaunes du Cameroun. Le temps passe et Ali HAMADA, gardien des Cœlacanthes n’est toujours pas inquiété. Les locaux jouent à la passe à dix et laissent les camerounais approcher leur but pour placer des contres. Le temps défile et tout comorien passionné de football a un œil sur sa montre devant son écran de télévision.

Il ne fallait pas être cardiaque ce samedi après midi. Une victoire historique se dessine. Ce n’était pas du goût des camerounais qui n’ont pas dit leur dernier mot. Trente troisième minutes de jeu et égalisation du Cameroun sur un but contestable. Tout le monde a vu hors jeu sauf l’homme en noir. Encore une fois, les Comores craquent dans le dernier quart d’heure. Un des points faibles de cette équipe comorienne est la gestion d’un résultat favorable. A trop vouloir pousser, les verts s’exposent à une réaction des visiteurs. Les dernières minutes ne changeront point le score du match. Encore une fois, les Cœlacanthes frôlent l’exploit de faire tomber une grande nation du football africain après le match nul face au Ghana en éliminatoires de la coupe du monde 2018. Ce n’est que partie remise. L’enseignement principal à tirer de cette rencontre est de reconnaître que notre équipe nationale manque de supporters. Nous avons un bon public mais manquons de supporters pour pousser un peu plus l’équipe et leur donner ce douzième homme qui leur manque. 

Par Papa Moirab